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Assainissement. Les mauvaises surprises du sous-sol breton

30 août 2021, René Perez, , 0 Commentaire

Interdiction de construire dans 18 communes des Côtes-d’Armor ! L’arrêté préfectoral est tombé comme un couperet sur un territoire situé entre Guingamp et Paimpol où toutes ces communes n’ont plus le droit de présenter de permis de construire pour des bâtiments individuels ou collectifs, publiés comme privés. En cause, les déficiences du réseau d’assainissement conjuguant canalisations perdant des eaux et station d’épuration aux capacités de traitements insuffisants. Ce qui conduit, dans un cas comme dans l’autre, à de gros rejets d’eaux usées dans la nature.

Cette décision a fait du bruit car c’est la première fois que tant de communes sont ainsi touchées par l’interdiction de tout branchement nouveau sur le réseau d’assainissement, ce qui équivaut à une interdiction de nouveaux permis de construire. Ce n’était pourtant pas la première affaire du genre. La commune de Crozon (Finistère) fut elle aussi frappée d’une décision identique, en 2016, pour les mêmes causes. Elle ne fut levée qu’en 2020.

Le coût faramineux de l’assainissement

Mais la décision de sanctions collectives du préfet des Côtes-d’Armor a suscité bien plus d’interrogations et d’inquiétudes. Car la situation de ces communes est loin d’être isolée. Ailleurs en Bretagne, comme dans d’autres régions françaises, le réseau d’assainissement a été mal ou trop peu entretenu pendant des décennies. D’abord parce que les maires préfèrent les réalisations visibles aux travaux souterrains mais aussi et surtout parce que l’assainissement engendre des coûts faramineux tant ils nécessitent de très gros travaux d’infrastructures. Les estimations ont souvent fait reculer les élus qui ont préféré laisser cela à leurs successeurs.

Le conseil régional a tenté une première estimation à l’échelle de la Bretagne, malaisée à chiffrer tant le sous-sol est par nature difficilement sondable à une telle échelle. Résultat de cette estimation : environ 2 milliards d’euros de travaux à faire, selon la Région Bretagne, en réponse au Télégramme. Pour une population évaluée à 3,3 millions, cela représente environ 600 euros par habitant, enfant compris !

On imagine l’ampleur de la dépense pour les finances communales. Et toutes les interrogations qui se posent, notamment sur l’origine des algues vertes. On les a un peu trop facilement imputées à l’activité agricole en oubliant que d’autres rejets arrivent plus sournoisement dans nos eaux littorales.

René Perez

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