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Sous-marins australiens. L’indemnisation prendra du temps

27 septembre 2021, Bretagne Bretons, , 0 Commentaire

L’affaire des sous-marins australiens a été particulièrement suivie en Bretagne ou Naval Group est bien implantée, notamment à Brest. Du reste, le P-DG du groupe industriel, Pierre-Eric Pommellet, est lui-même Brestois, encore sous le choc de ce coup de Trafalgar, « d’une brutalité inouïe » comme il l’a indiqué dans une interview au Figaro.

Mais que va-t-il se passer, maintenant, avec cette rupture de contrat unilatérale ? C’est une décision stratégique et politique de l’Australie, a dit le Premier ministre Scott Morrison et Naval Group n’est pas en cause. Aucune faute n’a été reprochée au constructeur, l’Australie ayant résilié le contrat pour convenance. « C’est un cas qui est prévu, indique le PDG, et qui va donner lieu à un paiement de nos coûts engagés et à venir. L’Australie nous a demandé une proposition détaillée et chiffrée que nous remettrons dans quelques semaines ».

Ainsi formulée, la réponse de Pierre-Eric Pommellet laisse supposer que tout ceci pourrait être réglé relativement rapidement. Mais au fond de lui-même, il doit se douter que cela ne va pas passer comme une lettre à la poste et que les Australiens, pas vraiment connus pour être des paniers percés, vont négocier pied à pied.

D’abord parce qu’ils n’ont que moyennement apprécié la réaction de Jean-Yves Le Drian, prenant à témoin le Terre entière, alors que, insistent-ils, la possibilité de résiliation du contrat était prévue. Ils seront donc très attentifs à la demande française de « paiement des coûts engagés et à venir » et bien plus encore à la demande de préjudice d’image que Naval Group compte bien mettre en avant et chiffrer. Dans une activité où les contrats se chiffrent souvent en milliards d’euros, on peut imaginer les discussions qui vont s’engager pour quantifier ce préjudice.

On peut penser aussi que le Premier ministre, Scott Morrison, ne fera rien pour être celui qui mettra sa signature au bas du chèque. Cette histoire de compensations ne va pas très bien passer dans son pays et il se fera donc un devoir de laisser à un de ses successeurs cette tâche ingrate.

Et puis, il y a les avocats d’affaires. Une caste redoutable dans la culture anglo-saxonne qui se goinfre sur des affaires comme celle-là. Les communes qui avaient demandé réparations après le naufrage de l’Amoco-Cadiz avaient mesuré à quel point cette engeance se paye sur la bête. Une grande part de l’indemnité qu’avaient enfin reçue les communes, quinze ans après le naufrage, avait été avalée par les avocats. Dans une affaire aussi juteuse que celle-là, on peut parier qu’il faudra faire appel à des avocats d’affaires pour décortiquer et discuter tous les termes de l’interminable contrat. Et qu’ils vont tout faire pour qu’elle traîne en longueur.

Le coup est rude pour Naval Group, Pierre Eric Pommellet l’a dit et redit. Cela représentait 500 millions d’euros par an sur une bonne trentaine d’années. Mais il n’en ajoute pas moins que la société a actuellement un carnet de commandes de 15 milliards d’euros, assuré par 90 % de la clientèle, hors contrat australien. Et qu’elle a donc de quoi voir venir.

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