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Politique | Saint-Chamas : le feu de Concept recyclage au centre des débats du conseil

Pour ce premier conseil municipal de l’année, l’ordre du jour était peu chargé mais l’incendie de Recyclage concept 13 a monopolisé les débats.

Jean-Luc Platon, conseiller de l’opposition a interpellé l’assemblée : « l’air en fonction des vents est irrespirable, les seuils des particules fines sont régulièrement et largement dépassés, nous sommes dans une situation sanitaire alarmante. Un arrêté du préfet du 28 décembre exige de la société recyclage concept 13 de fournir des explications sur les circonstances et chronologie de l’incendie du 26 décembre 2021, le registre des déchets entrants et sortants pour les mois d’octobre, novembre et décembre 2021, etc. Deux contrôles sur les lieux de l’incendie ont été effectués le 10 novembre 2021 et le 27 décembre 2021 par l’inspection des installations classées. Aujourd’hui on ne connaît pas la nature des substances chimiques des fumées potentiellement génératrice de graves pathologies. Avant enlèvement total des déchets, des éléments de preuve et expertises des déchets carbonisés avant qu’ils ne disparaissent doivent être réalisés. Seul un référé expertise permettra les contrôles et analyses, ce référé est-il demandé par le préfet ou à défaut par la mairie ? »

Le maire a répondu. « Certaines entreprises à proximité, la propriétaire du site, certains particuliers ont déjà déposé plainte en gendarmerie. Nous analysons la meilleure stratégie à mener. Nous allons saisir le préfet sur les points demandés à l’exploitant dans l’arrêté préfectoral du 28 décembre 2021. Le préfet a le devoir de demander les analyses en lieu et place de l’exploitant, de ce fait le référé expertise n’a plus lieu d’être. Nous n’avons pas à saisir le juge pour intervenir en lieu et place du préfet. Donc nous saisissons officiellement l’Etat et s’il n’a pas les éléments demandés nous lui demandons de mettre en oeuvre pour que les preuves ne disparaissent pas ».

Davantage de contrôles

Le maire poursuit : « J’ai eu un entretien avec le cabinet de la ministre de la transition écologique afin de faire une suite à cette affaire, notamment la modification des règles de déclaration de ce type d’exploitation avec davantage de moyens pour des contrôles réguliers par les services de l’Etat et surtout de sanctions immédiates et dissuasives. Ce qui est aberrant dans ce dossier c’est que nous avons des pseudos gérants ou pseudos exploitants d’entreprise, qui n’assument pas leurs obligations. Lors de la pose du bassin de rétention, l’entreprise s’est déclarée inapte et incapable de gérer et surtout de prendre en charge financièrement la somme importante. Quand il a fallu démolir la structure, l’exploitant attend la dernière minute pour faire intervenir une entreprise, avec qui il travaille, pour découper la ferraille et on a su plus tard qu’elle est partie en Italie pour être vendue au bénéfice de l’exploitant. Ce qu’il a pu monnayer il l’a fait. On demande à l’exploitant l’évacuation des déchets à sa charge, mais comme il n’est pas assuré c’est compliqué. Il a déclaré les registres volés puis brûlés mais les bureaux ont été protégés par les pompiers. L’exploitant se déclare incapable de réaliser cette évacuation donc nous sommes en train de voir qui va évacuer ces déchets, l’Etat ? La Métropole ? Donc le contribuable et c’est intolérable, inacceptable ».

Et Didier Khelfa d’appuyer : « Cette triste affaire démontre certaines choses : sur son territoire le maire ne peut pas tout.

Il faut savoir que ce type d’entreprise s’installe sur simple déclaration. Nous avons alerté à plusieurs reprises les services de l’Etat. Dès le mois d’avril 2021 un rapport de la police municipale a été transmis à la gendarmerie pour des faits de violences sur salariés. Après plusieurs interpellations, la Dreal a mandaté un contrôle inopiné le 3 septembre 2021 constatant de nombreuses irrégularités. Mais entre le contrôle et la mise en demeure il se passe trop de temps. De ce fait, on se sent un peu seul, je rappelle qu’il ne devait plus recevoir de produits. Tous les jours, la police municipale constatait l’arrivée de camions. Tous les rapports étaient transmis à la gendarmerie. Il aurait fallu qu’on nous aide à intercepter ces véhicules ». « Depuis le 26 décembre, heureusement que nous avons les services de l’Etat à nos côtés et en particulier monsieur le sous-préfet, la Dreal, la DDTM, l’ARS, Atmosud, la gendarmerie, les pompiers qui ont inhalé cette fumée sans savoir ce que c’était. Et la métropole, car une ville comme Saint-Chamas n’aurait jamais pu gérer une telle catastrophe seule. Les citoyens ont été très compréhensifs. Mais on ne doit pas laisser cela impuni. Il faut que maintenant nos actions, j’espère groupées, soient pertinentes afin de rechercher et faire condamner les responsables. On sait qu’ils ne payeront pas mais il ne faut pas que cela se reproduise. Il faut que cela soit reconnu comme une catastrophe sanitaire. »

L’étang nouveau envisage aussi une action en justice et appelle à une manifestation aujourd’hui à 14h30 à Moleton – Pont Flavien

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